Étapes du projet de reprise d’entreprise

Étape 1 : La préparation du projet de reprise d’entreprise

En réalité, une reprise d’entreprise ne se fait pas du jour au lendemain. Elle se prépare. Afin donc de mieux vous lancer, vous devez tout planifier. Cette étape de réflexion doit vous conduire à analyser vos motivations ainsi que vos objectifs, identifier le type d’entreprise que vous souhaitez reprendre, car celle-ci doit correspondre à votre projet personnel. Vous pouvez par exemple choisir de suivre une formation, de vous faire conseiller ou accompagner par des professionnels. En observant comme cela se doit cette étape, vous réussirez à convaincre vos interlocuteurs que vous êtes un candidat motivé, fiable et organisé.

Étape 2 : La recherche d’une entreprise à reprendre

Il existe plusieurs moyens de trouver une entreprise à reprendre et à développer. Vous pouvez tout simplement consulter les annonces de façon régulière, contacter des intermédiaires. Vous avez également la possibilité de recourir à votre réseau professionnel, amical ou familial. Il se pourrait bien que quelqu’un soit en mesure de vous orienter. Le bouche-à-oreille n’est pas non plus à exclure. Toujours est-il que vous pouvez prospecter directement les entreprises et les candidats cédants.

Étape 3 : La sélection de la cible

Dès lors que vous aurez identifié vos cibles, il est judicieux d’effectuer un premier diagnostic afin de retenir une première liste d’entreprises.

Grâce à cette première sélection, vous allez pouvoir rationaliser votre temps. Mettez tout ce qu’il faut en place afin d’augmenter vos chances de tomber sur un dossier de reprise qui est en adéquation avec votre projet de reprise. Ne perdez pas votre temps sur les dossiers qui ne sont pas appropriés.

Afin de pouvoir sélectionner la cible idéale, il est nécessaire d’effectuer un prédiagnostic pour évaluer la faisabilité de votre projet.

Étape 4 : La rencontre du cédant et les premières informations recueillies

Rencontrer le cédant est la meilleure manière de cerner plus rapidement le dossier, surtout lorsque la rencontre se fait au sein de l’entreprise et plus particulièrement un jour de forte activité.

Cela vous aide à :

  • Avoir une vue d’ensemble sur le climat interne,
  • À évaluer le niveau d’information que le cédant veut bien vous fournir sur son entreprise,
  • À détecter le centre même du métier, identifier les collaborateurs majeurs afin de juger si cette affaire vous convient,
  • À évaluer le degré d’urgence de la vente, les réelles motivations du cédant,
  • À cibler les personnes qui sont en mesure d’avoir une influence sur sa décision.

Au cours de cette rencontre, plusieurs autres signaux vous permettront d’apprécier le seuil d’engagement du cédant à transmettre sa société : la facilité d’accès aux informations, la disponibilité du cédant à vous fournir des sources et informations supplémentaires, l’ambiance générale des échanges, le degré d’implication du cédant dans le projet de cession, etc.

Étape 5 : Le diagnostic et l’évaluation de l’entreprise cible

Avant même de vous lancer dans l’étape des diagnostics, il est capital de recueillir toutes les informations nécessaires et possibles sur l’entreprise.

La mise en œuvre du diagnostic vous permet d’obtenir des informations sur l’ entreprise de façon progressive. Grâce à ces différentes informations, il vous reviendra de prendre l’ultime décision de continuer ou non votre projet. Si votre avis s’avère favorable, le diagnostic préalablement établi vous permettra de construire un business plan en conséquence et d’entreprendre le montage financier et juridique. Il ne faut d’ailleurs pas confondre diagnostic et audit.

Évaluer une entreprise ne se limite pas au plan comptable. L’évaluation prend en considération aussi bien le potentiel, le capital immatériel que le capital humain. Une évaluation légitime doit suivre les 4 étapes que sont : la collecte d’informations, la réalisation des diagnostics, les retraitements économiques ainsi que le choix et la mise en œuvre des méthodes d’évaluation.

Étape 6 : La lettre d’intention et le lancement des audits

Vous avez franchi avec succès les étapes d’évaluations et de diagnostics, procédé à la validation d’un premier business plan viable de reprise, et vous projetez de façon sérieuse de reprendre cette entreprise ? Plus les échanges avancent, plus vous éprouvez le besoin, vous autant que le cédant de rendre formels certains éléments du dossier.

-Le cédant peut exiger de vous une clarification et une affirmation formelle de vos intentions avant de vous permettre d’accéder à certaines informations à caractère confidentiel (accord de confidentialité – NDA en anglais).

-En ce qui vous concerne, vous avez la possibilité d’obtenir un accord tout au moins implicite sur quelques points majeurs avant de vous lancer dans les processus d’études et d’audit d’acquisition (encore dénommé due diligence). Grâce à cet accord, vous pourrez vous assurer de la fiabilité des informations fournies par le cédant et évaluer le prix de cession, si ce dernier a été surévalué ou non. Dans la pratique, on ne parlera pas d’audit si tout ce que vous achetez n’est que le fonds de commerce. Il sera plutôt question d’une analyse approfondie des contrats ainsi que du chiffre d’affaires.

À travers la lettre d’intention, le cadre et les limites des échanges sont définis. Elle permet à chacune des parties de faire connaître ses intentions de façon précise.

Étape 7 : Le montage juridique

Plusieurs situations sont envisageables conduisant conséquemment à autant de possibilités de montages juridiques.

Lorsque vous reprenez une entreprise individuelle, tout ce que vous êtes réellement en mesure de reprendre est le principal actif, en l’occurrence le fonds de commerce ou artisanal. Dans le cas d’une société, il vous revient de choisir entre deux possibilités : reprendre le fonds de commerce, ce qui signifie que vous ne reprenez que l’actif, ou reprendre les titres, ce qui inclut l’actif et le passif. Ainsi, les conséquences juridiques, financières et fiscales, varieront en fonction de l’option pour laquelle vous avez opté, aussi bien vis-à-vis du cédant que de vous (repreneur). Il s’agit donc d’une question qui doit être abordée avec le plus de tact possible au cours des négociations au risque de ne pas rompre les négociations.

Étape 8 : Business plan de reprise

Bien qu’il puisse paraître trop élémentaire, le business plan est un document incontournable dans la mesure où il vous permet de transcrire votre stratégie ainsi que vos objectifs. Il vous contraint à synthétiser l’information et particulièrement à évaluer la faisabilité de votre projet et sa viabilité sur le plan financier.

D’ailleurs, sans business plan, pas de financement.

Étape 9 : Le financement et les aides

Le financement de votre projet de reprise proviendra de diverses sources compte tenu de ses caractéristiques et de ses objectifs ainsi que de votre situation personnelle. Cela vous conduira à émettre trois interrogations dans le but d’améliorer votre stratégie de financement.

  • Par quel moyen renforcer mon apport personnel ?
  • Vers qui m’orienter pour obtenir un prêt d’argent ?
  • Quelles sont les solutions qui s’offrent à moi pour garantir l’emprunt bancaire de mon projet de reprise ?

Étape 10 : Le protocole d’accord

Venant tout juste après l’étape des négociations, le protocole est cet acte grâce auquel votre accord avec le cédant prend une forme formelle. Il aborde dans les détails chaque question liée à l’opération de reprise et est considéré à juste titre comme l’acte le plus important de ce processus. Il attribue à chaque partie ses droits et ses obligations, fixe les conditions et les modalités de l’opération. En plus de ça, il détermine les diverses actions à mener dans le cadre de la mise en œuvre de la reprise.

À travers cet acte, les parties à l’opération de reprise s’engagent à aller au bout du processus.

Par ailleurs, il se peut que le protocole d’accord porte sur la cession des titres de l’entreprise ou encore sur la cession d’un fonds commerce. Lorsqu’il s’agit de la dernière hypothèse, on parle de « compromis » ou de « promesse de vente de fonds de commerce ».

Étape 11 : Le closing, l’acte de cession et les formalités administratives

À l’issue de la signature du protocole d’accord avec le cédant et la réception d’une notification écrite de confirmation de l’octroi de crédits de la part des divers financeurs que vous aviez sollicités, vous serez à même de franchir une nouvelle grande étape. À travers les prochaines procédures que vous entamerez, vous êtes certain qu’il n’y a plus de possibilité de faire machine arrière. Il sera donc question de :

  • Débloquer des fonds
  • Signer l’acte de cession définitive
  • Accomplir les formalités administratives de reprise de titres de sociétés ou de fonds de commerce

Étape 12 : Les 100 premiers jours de la reprise

D’une façon générale, il y a toujours une période de « flottement » tout juste après une reprise d’entreprise peu importe les conditions de l’opération ou le type d’entreprise. Afin de mener à bien l’opération, vous êtes appelé à prendre la place du dirigeant sortant et à assurer ses fonctions. Vous devez également vous servir de la période de cohabitation pour adopter des mesures qui vous permettront d’étendre votre leadership aussi bien à l’égard de vos nouveaux employés que de l’extérieur.

Au cours de cette période, vous devez initier et conduire certaines actions majeures dans le cadre de la mise en œuvre du plan de reprise tout en prenant des décisions qu’il faut pour le bien de la société.